QUINZAINE DE LUTTE CONTRE LA CULTURE DU MENSONGE, DE L’INJUSTICE ET DE L'IMPUNITÉ AU RWANDA (#1 Le Mensonge d’Etat)

QUINZAINE DE LUTTE CONTRE LA CULTURE DU MENSONGE, DE L’INJUSTICE ET DE L’IMPUNITE AU RWANDA

"Le mensonge donne des fleurs, jamais des fruits"

Le 02 décembre 2014

#1 Le Mensonge d’Etat 

Il a déjà frappé plusieurs personnes qui s’estiment innocents et qui auraient pu jouir de leur dignité humaine au lieu d’être diabolisées, traînées dans la boue, emprisonnées ou contraints de se cacher ou de s’exiler. 
Le Mensonge d'Etat va puiser sa force dans les trois piliers qui font le fondement du régime actuel de Kigali: d'abord le mensonge en tant que tel, ensuite la terreur et enfin la corruption.
Comme vous allez le constater dans les cas suivants, le mensonge peut frapper n’importe quel citoyen, qu’il soit rwandais ou pas, à n’importe quel moment et sous des prétextes variés.
Notre premier thème présente une variété impressionnante des victimes du mensonge. Voici un échantillon non exhaustif.

M. KIZITO Mihigo est un jeune musicien rwandais, arrêté depuis avril 2014 après la diffusion de sa célèbre chanson (Igisobanuro cy’Urupfu = Explication de la mort). Il est accusé de comploter pour assassiner le Chef d’Etat Paul KAGAME. Or, ce musicien est connu comme un « artisan de paix » impliqué dans le processus d’une véritable réconciliation. Il risque d’être condamné à une très lourde peine.

La Radio britannique BBC ne peut plus diffuser ses émissions en Kinyarwanda via les antennes FM de Radio Rwanda. Ce média britannique, reconnu pour son sérieux, est accusé d’avoir diffusé le 01/10/2014 un film documentaire en anglais « Rwanda Untold Story = Histoire non contée ». Ce film lève le voile sur les massacres commis contre les civils Hutus par l’armée de l’actuel Président Rwandais. Le régime du président Paul KAGAME accuse ce média de crimes de « négationnisme et de banalisation » du génocide des Tutsis du Rwanda.

L’Abbé Joseph NDAGIJIMANA est un prêtre catholique qui a sauvé des centaines de Tutsis menacés pendant le génocide. Il a logé, nourri, évacué et caché des personnes menacées pendant les 100 jours de massacres. Le 26/08/2009, il a été acquitté par un tribunal GACACA après un procès de quatre ans. Un autre tribunal l’a condamné à perpétuité après avoir inventé de fausses accusations.

Le Père Guy THEUNIS, de nationalité belge, a été arrêté et emprisonné le 6/09/2005 lors de son transit à Kigali. Il a été calomnié devant le tribunal Gacaca de la cellule Ubumwe, secteur Rugenge et classé dans la 1ère catégorie des planificateurs et des commanditaires du génocide rwandais. Sur pression de la Belgique, il a été libéré et transféré en Belgique après 75 jours de détention à Kigali.

M. Eugène NGABWA est un veuf du génocide. Il est le fils d’un ancien bourgmestre Hutu décédé avant le génocide. Le 5 octobre 2006, à l’issue de son procès en appel, il a été condamné arbitrairement à 27 ans de prison par le tribunal GACACA du secteur de MUNANIRA, district GISAGARA, province du Sud au Rwanda. Il a interjeté appel et il fut condamné à 25 ans de prison le 15/02/2007. Ce rescapé du génocide est un métis Hutu-Tutsi (de père hutu et de mère tutsi) qui a perdu sa femme Yvonne KABAGWIRA (30 ans) et ses trois enfants Germaine Uwamahoro (7 ans), Gakunzi (5 ans) et Gatsinzi (3 ans).

M. Ambroise CYUBAHIRO est un vétérinaire qui travaillait à l’ISAR-RUBONA et qui a sauvé un bébé tutsi pendant le génocide. Cet enfant est une jeune fille récupérée par ses deux parents qui ont survécu. Le Papa de cet enfant a été sollicité pour qu’il accepte de calomnier le sauveur de son enfant. Pendant son procès inéquitable GACACA, ses détracteurs lui reprochaient d’être le fils d’un ancien bourgmestre de la commune Kinihira devenu Masango plus tard.

M. Félicien KABUGA était l’homme d’affaires le plus riche du Rwanda. Il est diabolisé et présenté comme un terroriste impitoyable par ceux qui se sont emparés de ses biens mobiliers et immobiliers. Présenté comme un des principaux bailleurs de fonds et planificateurs du génocide rwandais, son premier procès s’est tenu en juillet 2013 à Muhima dans la capitale Kigali. Ce procès ne visait en réalité qu’à s’approprier ses plantations de thé et sa maison de campagne au profit d’un petit commerçant dont la quincaillerie aurait été soit disant cambriolé par M. Kabuga. On pourrait imaginer un tribunal belge condamner le propriétaire d'une grande compagnie aérienne à dédommager en avions le tenancier d'une baraque à frites pour l'avoir soit disant cambriolé.

 

Fait à Bruxelles, le 02/12/2014

Joseph MATATA, Coordinateur du CLIIR